Le tabou des règles, un réel danger pour la santé!

« Je n’ai jamais vraiment pu parler de mes règles avant mes 30 ans et ce silence a impacté ma santé mentale et physique.

Tout a commencé avec mes premières menstruations. J’avais à peine 11 ans je revenais de l’école. J’habitais alors encore dans une petite ville du sud du Brésil. Je me suis précipitée aux toilettes car je croyais que je venais d’uriner et soudainement j’ai vu du sang. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait dans mon corps, j’étais effrayée. Ma mère ne m’avait jamais informée ou éduquée à ce sujet. Je l’ai appelée en hurlant et elle m’a simplement dit : « Ah, tu as tes règles »

Je ne pouvais m’arrêter de pleurer, je ressentais un mélange de honte et de tristesse et ma mère m’a tendu un gros morceau de coton. J’avais l’impression de porter une couche. Je suis restée ainsi en silence de longues heures. C’est le jour où je suis devenue une femme et le souvenir que j’en ai, est un sentiment de honte au lieu de fierté et de joie »

Londres le 14 Avril 2020

Jeisa, n’est pas la seule femme à avoir vécu une expérience si traumatisante en réaction au phénomène le plus naturel qui soit.

Plus de la moitié de la population mondiale a ses règles, et depuis la nuit des temps. Pourtant, dans la société, cela reste un sujet tabou. Cet indicible silence a un impact direct négatif sur la santé des femmes et c’est ce sujet que j’ai eu envie de développer aujourd’hui.

En moyenne entre 2 555 et 3 000 jours dans sa vie, soit plus de 8 ans au total ! Pour trop de femmes, c’est autant de jours à éprouver un illégitime sentiment de honte ou pire, à être victimes de discriminations.

Le manque d'informations sur les règles

Le British Medecine Journal s’est intéressée au silence et au tabou qui entourent le sujet des menstruations dans les pays pauvres-en développement Les résultats de cette étude sont affligeants. Dans une grande majorité de ces pays à faibles ressources, et particulièrement en Afrique sub-saharienne, les femmes ne sont pas assez informées sur leurs règles et leurs saignements. Comme ce sont des sujets "dont on ne parle pas", elles n’ont aucune information sur les choses à faire et à ne pas faire y compris les réflexes sanitaires les plus élémentaires. Elles s'enferment dans un silence qui met leur santé en danger.

Source d’angoisse, d’isolement et de risques sanitaires, elles risquent ainsi des infections très graves. Sans parler des produits hygiéniques auxquels elles n'ont pas accès. Elles ont donc recours à des solutions moins conventionnelles qui risquent parfois de compromettre leur santé. Dans certaines ethnies africaines par exemple, les jeunes filles se servent de torchons, de feuilles, de morceau de matelas, ou encore du papier journal.

Les règles sont culturellement "honteuses", et certaines traditions ont même recours au système archaïque de l'exil menstruel.

C’est ce triste état de fait qui a inspiré Pink Panty à supporter C4C et ainsi contribuer à l’éducation et lutter contre la « précarité menstruelle ».

Le tabou des règles

Même dans les pays dits développés, les règles sont encore et toujours un sujet tabou. Si les mères et les pères en parlent un peu plus ouvertement à leurs filles, c'est presque toujours une discussion feutrée et discrète.

On n'expose pas ses tampons sur l'étagère de la salle de bain, on n’ose pas se plaindre des douleurs de règles. Lorsqu'on va changer de protection au travail, on le cache dans le creux de sa main...

Cette attitude de précaution silencieuse est elle aussi très nuisible. En effet, certaines femmes souffrent par exemple de saignements accompagnés de douleurs et n'osent en parler à personne, pourtant le diagnostic peut-être très grave. D’autres n'osent pas demander un tampon à une collègue et gardent le leur trop longtemps, en prenant le risque d’avoir un choc toxique.

Le tabou des menstruations est un combat à ne pas prendre à la légère. Il existe des programmes d'aide qui tentent de briser le silence dans les pays où le sujet des règles est totalement tabou comme CARE ou encore REGLES ELEMENTAIRES.

Si les mentalités changent petit à petit en Occident, notamment grâce à certains comptes Instagram qui décomplexent le sujet des règles (@spmtamere), on a aussi toutes et tous notre part de responsabilité pour faire en sorte de libérer la parole chez nous !

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